DÉNOMINATION DU MÉDICAMENT

Protoxyde d’azote médicinal PanGas, gaz médicinal, liquéfié

Composition

Principes actifs

Protoxyde d’azote (NO) Ph. Eur. 100 % (gaz liquéfié sous une pression de 44 bars à 15 °C)

Excipients

aucun

Forme galénique et quantité de principe actif par unité

Gaz médicinal, liquéfié

À 15 °C, chaque bouteille contient 90 % de liquide et 10 % de gaz (par rapport au volume).

Indications/Possibilités d’emploi

Indications thérapeutiques

Le protoxyde d’azote est indiqué

comme anesthésiant en association avec un autre anesthésiant administré par intraveineuse ou par inhalation,

comme analgésique/sédatif dans toutes les situations requérant une analgésie/sédation caractérisée par un temps de latence court et une diminution rapide des effets.

Posologie/Mode d’emploi

Toutes les personnes qui administrent du protoxyde d’azote médicinal doivent être formées et exercées à l’utilisation de ce gaz.

Lors de toute administration de protoxyde d’azote médicinal, il convient de disposer d’appareils adaptés prêts à l’emploi permettant de libérer les voies respiratoires et de pratiquer une réanimation immédiate.

Le protoxyde d’azote doit être administré en mélange avec de l’oxygène. Sa concentration doit être comprise entre 35 % et 70 %. La concentration inspiratoire d’oxygène ne doit pas être inférieure à 30 %.

La posologie chez les enfants ne diffère pas de celle des adultes.

Chez les femmes enceintes, la concentration administrée doit être inférieure à 50 %.

Chez les patients souffrant de troubles de l’absorption alvéolaire de l’oxygène (par ex. emphysème, œdème pulmonaire), la concentration inspiratoire d’oxygène doit être augmentée.

La durée d’utilisation dépend de la durée de l’anesthésie et ne doit pas dépasser 6 heures en règle générale.

Le protoxyde d’azote ne doit être administré qu’en salle d’opération et en salle de travail (utilisation d’un mélange protoxyde d’azote-oxygène médical 50 %/50 %). Conformément à la réglementation, l’utilisation du protoxyde d’azote nécessite:

• un mélangeur protoxyde d’azote/oxygène assurant une FiO d’au moins 21 %, offrant la possibilité d’une FiO à 100 % et muni d’un dispositif de valve anti-retour et d’un système d’alarme en cas de manque d’oxygène,

• un monitoring de la FiO dans l’air inspiré en cas de ventilation artificielle.

Le protoxyde d’azote doit être administré par inhalation, soit par respiration spontanée, soit par ventilation contrôlée.

Le protoxyde d’azote ne doit être administré que dans des pièces suffisamment ventilées et/ou équipées d’une installation d’aspiration, ceci afin d’éviter des concentrations trop élevées dans l’air ambiant, conformément aux dispositions locales en vigueur.

Le protoxyde d’azote possède des propriétés analgésiques et sédatives dose-dépendantes. En fonction du dosage, il altère plus ou moins les fonctions cognitives.

Il est généralement utilisé avec des pourcentages volumiques compris entre 35 % et 70 % en mélange avec de l’oxygène ou, éventuellement, combiné avec d’autres anesthésiants.

Le protoxyde d’azote seul ne suffit généralement pas à produire une anesthésie satisfaisante. Par conséquent, s’il est utilisé dans le cadre d’une anesthésie, il doit être combiné à une dose adéquate d’un autre anesthésiant.

Le protoxyde d’azote agit en complément de la plupart des autres anesthésiants.

Pour l’essentiel, les effets du protoxyde d’azote ne sont pas liés à l’âge. L’interaction avec les autres anesthésiants varie toutefois en fonction de l’âge et est relativement plus marquée chez les patients plus âgés.

Le protoxyde d’azote ne doit pas être administré à des concentrations supérieures à 70 – 75 %. La proportion d’oxygène requise est ainsi garantie. Chez les patients souffrant de troubles de l’approvisionnement en oxygène, il convient de respecter une certaine concentration d’oxygène lors de l’administration. À des concentrations inspirées de 50 à 60 %, le protoxyde d’azote entraîne une analgésie/sédation/anxiolyse sans toutefois, en règle générale, provoquer de perte de conscience, ni entraver la réactivité. Ces concentrations ne gênent généralement pas la respiration, la circulation et les réflexes de défense.

Contre-indications

Le protoxyde d’azote ne doit pas être administré:

• aux patients dans les cas suivants: pneumothorax, embolie gazeuse, après une plongée et s’il existe un risque d’aéroembolisme, en association avec une pneumo-encéphalographie, après un pontage cardiopulmonaire, avec un appareil cardiopulmonaire ou en cas de traumatisme crânien grave, car le protoxyde d’azote peut provoquer une expansion du volume des bulles d’air (embolie) et des cavités aériques

• aux patients qui ont reçu une injection de gaz intra-oculaire (par ex. SF, CF), car le protoxyde d’azote peut provoquer une augmentation du volume de la bulle de gaz et occasionner une cécité

• aux patients présentant des symptômes d’occlusion intestinale (iléus), car il existe un risque d’augmentation du volume de l’intestin

• aux patients souffrant d’une insuffisance cardiaque ou de troubles graves de la fonction cardiaque (par ex. après une opération du cœur), car l’effet légèrement cardiodépresseur du protoxyde d’azote peut entraîner une nouvelle aggravation de la fonction cardiaque

• aux patients qui montrent durablement des signes de confusion, des perturbations de la fonction cognitive ou d’autres symptômes attribuables à une pression intracrânienne accrue, car le protoxyde d’azote risque de renforcer la pression intracrânienne

• aux patients atteints d’une certaine perte de conscience et/ou montrant une faible capacité de coopération en cas d’utilisation du protoxyde d’azote en tant qu’analgésique, car les réflexes de défense risquent d’être insuffisants

• aux patients qui nécessitent une ventilation en oxygène pur

• en cas de durée d’administration supérieure à 24 heures

Mises en garde et précautions

L’administration du protoxyde d’azote est susceptible d’augmenter la pression dans les ballonnets des sondes d’intubation trachéale.

Lors de son introduction dans le circuit de l’air inspiré, le protoxyde d’azote augmente la concentration des anesthésiques halogénés (effet deuxième gaz) et facilite l’induction de l’anesthésie.

L’adjonction de protoxyde d’azote dans le circuit diminue la concentration des vapeurs anesthésiques halogénées délivrées par l’évaporateur. Réciproquement, l’arrêt du protoxyde d’azote augmente la concentration des anesthésiques halogénés.

Il est donc conseillé d’interrompre l’administration de l’anesthésique volatil halogéné avant celle du protoxyde d’azote.

Une hypoxie de diffusion survient dans les minutes suivant l’arrêt du protoxyde d’azote. La FiO dans l’air inhalé par le patient doit donc être augmentée durant cette période.

Si une cyanose apparaît lors d’une anesthésie avec un appareil alimenté en protoxyde d’azote et en oxygène, il est impératif d’arrêter dans un premier temps l’administration de protoxyde d’azote et, si la cyanose ne régresse pas très rapidement, de ventiler le patient avec un ballon manuel rempli d’air ambiant.

Le protoxyde d’azote altère le métabolisme de la vitamine B₁₂ et des folates. L’utilisation du protoxyde d’azote entraîne une inactivation de la vitamine B₁₂, ce qui nuit au métabolisme des folates. Toute administration prolongée de protoxyde d’azote entrave la synthèse de l’ADN. Ces troubles entraînent des modifications mégaloblastiques de la moelle osseuse et, dans certains cas, une myéloneuropathie et une dégénérescence subaiguë combinée de la moelle épinière.

En raison des répercussions possibles sur la méthionine synthétase de la vitamine B₁₂, le protoxyde d’azote ne doit pas être administré pendant une période prolongée (par ex. sédation en soins intensifs). En cas de durée d’utilisation supérieure à six heures, les effets potentiels sur la méthionine synthétase de la vitamine B₁₂ doivent être pris en compte.

Le protoxyde d’azote médicinal doit être utilisé avec précaution chez les patients ayant reçu une injection intraoculaire. Il convient de vérifier que cette dernière remonte à suffisamment longtemps pour ne pas encourir le risque de troubles visuels.

En raison du risque relatif d’inflammation explosive, le protoxyde d’azote ne doit pas être utilisé lors des interventions chirurgicales pratiquées sur les voies respiratoires à l’aide d’un laser.

Le protoxyde d’azote doit être employé avec la plus grande prudence dans les cas suivants:

• insuffisance cardiaque: si une hypotension ou une insuffisance circulatoire apparaît lors de l’administration de protoxyde d’azote chez un patient insuffisant cardiaque, l’administration doit être interrompue.

• chirurgie des sinus et de l’oreille interne

Il convient de veiller à ce que la concentration de protoxyde d’azote dans la zone de travail demeure aussi faible que possible et respecte les dispositions locales en vigueur.

Il ne faut pas totalement exclure la possibilité d’un risque pour la santé chez les personnes exposées durablement à de faibles concentrations de protoxyde d’azote. À l’heure actuelle, aucun lien de causalité évident ne peut être établi entre la présence prolongée de faibles concentrations de protoxyde d’azote dans l’air respiré et un quelconque effet sur la santé. Toutefois, il est également impossible d’exclure totalement tout lien entre l’exposition prolongée à de faibles concentrations de protoxyde d’azote dans l’air respiré et le développement de maladies malignes ou autres affections chroniques, la diminution de la fertilité, les avortements spontanés et/ou les malformations. Il n’existe actuellement pas de valeur limite applicable à la concentration de protoxyde d’azote autorisée dans l’air respiré garantissant absolument l’absence de risque potentiel pour la santé en cas d’exposition durable.

Aucun lien de causalité formel n’a pour l’instant été établi entre le protoxyde d’azote et les cas de diminution de la fertilité signalés chez les professionnels de santé et les ambulanciers exposés de façon répétée à ce gaz dans des locaux mal ventilés. Les pièces dans lesquelles du protoxyde d’azote est fréquemment utilisé doivent disposer d’un système de renouvellement de l’air et de ventilation adéquat ou d’un système d’aspiration maintenant la concentration de protoxyde d’azote dans l’air ambiant en dessous du seuil indiqué dans les directives nationales applicables (concentration moyenne pondérée dans le temps, «Time Weighted Average» TWA).

Le protoxyde d’azote doit être administré dans des pièces adaptées, disposant d’un approvisionnement en oxygène et d’un système d’aspiration ainsi que d’appareils de ventilation artificielle prêts à l’emploi. Du personnel formé aux mesures d’urgence doit être présent.

Un potentiel d’abus existe.

L’administration ou l’exposition répétée au protoxyde d’azote peut induire une dépendance. La prudence est recommandée chez les patients ayant des antécédents connus de toxicomanie ou chez les professionnels de la santé exposés au protoxyde d’azote lors de leur travail.

À de fortes concentrations (> 50 %), le protoxyde d’azote médicinal peut entraîner la disparition des réflexes laryngés et une certaine perte de conscience. Des concentrations de 60 à 70 % provoquent fréquemment une perte de connaissance. En outre, le risque d’altération des réflexes laryngés augmente.

Après une anesthésie générale au cours de laquelle une forte concentration de protoxyde d’azote a été utilisée, il existe un risque, bien connu cliniquement, d’hypoxémie (hypoxémie de diffusion). Ce problème est à attribuer non seulement à la composition du gaz alvéolaire, mais également aux réactions corporelles altérées consécutives à l’hypoxie, l’hypercapnie et l’hyperventilation. Après une anesthésie générale, il est recommandé d’administrer de l’oxygène et de surveiller la saturation en oxygène par oxymétrie de pouls jusqu’à ce que le patient montre des signes suffisants de rétablissement.

Le protoxyde d’azote entraîne une hausse de la pression de l’oreille moyenne.

Interactions

Le protoxyde d’azote potentialise les effets hypnotiques des anesthésiques administrés par intraveineuse ou par inhalation (thiopental, benzodiazépines, anesthésiques morphiniques, halogénés) et permet ainsi de diminuer leur posologie.

Combiner du protoxyde d’azote et des opiacés peut nuire à la contractilité myocardique.

La naloxone atténue l’effet analgésique du protoxyde d’azote.

Le protoxyde d’azote potentialise les effets indésirables du méthotrexate.

En combinant le protoxyde d’azote à d’autres anesthésiques par inhalation, on augmente l’absorption de ces derniers (effet deuxième gaz).

Le protoxyde d’azote diminue la concentration alvéolaire minimale (CAM) des autres anesthésiques par inhalation.

En cas d’interaction entre du protoxyde d’azote et un gaz ophtalmique incomplètement résorbé (SF, CF, CF), des complications postopératoires graves liées à une augmentation de la pression intra-oculaire sont susceptibles de survenir.

Grossesse, Allaitement

Grossesse

Même si, à ce jour, l’utilisation thérapeutique chez les femmes enceintes du protoxyde d’azote en combinaison avec d’autres substances actives n’a pas montré de risque accru de malformations, le protoxyde d’azote ne doit pas être utilisé au cours du premier et du deuxième trimestre de la grossesse et seulement après évaluation rigoureuse des avantages et des risques par un médecin au cours du dernier trimestre.

Lors d’expérimentations animales, des malformations osseuses et organiques, des retards de croissance, ainsi que des effets létaux pour l’embryon et le fœtus ont été observés après l’administration de protoxyde d’azote.

Le protoxyde d’azote traverse le placenta et la profondeur d’anesthésie de l’enfant à naître est identique à celle de la mère. Il convient de surveiller la survenue de troubles du développement neurologique dans les premières années de vie des enfants dont la mère a reçu du protoxyde d’azote en cours de grossesse.

En cas d’utilisation de protoxyde d’azote pendant l’accouchement, il faut veiller à détecter un éventuel état hypoxique chez le nouveau-né. Chez les prématurés, la survenue d’hémorragies cérébrales peut en outre être accrue par le protoxyde d’azote. Ces enfants doivent donc faire l’objet d’une vigilance accrue.

Allaitement

Il n’existe pas de données sur le passage du protoxyde d’azote dans le lait maternel. Par conséquent, après une exposition au protoxyde d’azote, l’allaitement ne doit être repris qu’après évaluation rigoureuse des avantages et des risques.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Après une anesthésie au protoxyde d’azote, le patient ne doit pas conduire de véhicules ni utiliser de machines. La durée de l’interdiction est décidée au cas par cas par le médecin. Le patient ne peut regagner son domicile qu’accompagné et ne doit pas boire d’alcool.

Effets indésirables

Maladies cardiaques et vasculaires

Bien que le protoxyde d’azote n’ait qu’un effet minime sur la circulation, il peut entraîner une baisse de la tension artérielle, une diminution du débit sanguin et une augmentation de la résistance vasculaire pulmonaire. Le protoxyde d’azote peut provoquer une dilatation des vaisseaux du cerveau et, par conséquent, l’augmentation de la pression intracrânienne.

Troubles du métabolisme

Les cas rapportés d’hyperthermie maligne sous protoxyde d’azote sont très rares (< 1/10 000 cas). Le protoxyde d’azote peut inactiver la vitamine B₁₂ et entraver par conséquent la synthèse de l’ADN. Toute administration prolongée est susceptible de provoquer une dépression de la moelle osseuse et une neuropathie périphérique.

Troubles de l’ingestion

Des nausées et des vomissements peuvent survenir.

Troubles psychiatriques

Des cas d’euphorie, de rêves et d’hallucinations ont été signalés.

Dépendance.

Troubles du système nerveux

Convulsions généralisées (fréquence inconnue).

Surdosage

Le surdosage peut se traduire par les symptômes suivants: hypoxie, dépression circulatoire, excitation ou somnolence, et même perte de connaissance.

Le patient doit être soumis à une ventilation contrôlée en oxygène pur. Des mesures d’assistance circulatoire sont parfois requises.

Il n’existe pas d’antidote particulier.

Propriétés/Effets

Code ATC

NO1AX13

Le protoxyde d’azote est un gaz incolore d’odeur légèrement douceâtre qui accélère la combustion et est plus lourd que l’air.

Pharmacodynamique

Le protoxyde d’azote a un effet dépresseur dose-dépendant sur le système nerveux central.

Son pouvoir anesthésique faible explique que, pour l’anesthésie, il doit être utilisé en association avec d’autres anesthésiques volatils ou administrés par voie intraveineuse. De par sa faible solubilité dans le sang et la graisse, il se caractérise par un effet anesthésique modéré, un temps de latence court et une élimination rapide à l’arrêt de l’administration.

L’effet analgésique s’observe à faible dose (concentration basse). Le protoxyde d’azote agit en relevant le seuil de douleur. Il diminue la transmission synaptique des messages nociceptifs et active le système nerveux sympathique dont les neurones noradrénergiques jouent un rôle dans la sensibilité douloureuse.

Il a un léger effet amnésique et occasionne un très faible relâchement musculaire.

Sur le plan respiratoire, on observe une accélération du rythme accompagnée d’une diminution du volume d’inspiration sans hypercapnie.

Sur le plan cardiaque, on observe une dépression myocardique qu’il convient de prendre en compte en cas d’insuffisance ventriculaire gauche.

Une baisse modérée de la contractilité est constatée, accompagnée d’un léger effet sur les conditions de charge du ventricule gauche. La dépression circulatoire modérée est en grande partie compensée par la hausse du tonus sympathique.

L’effet du protoxyde d’azote sur la perception et sur les fonctions cognitives commence à 15 % vol. environ et dépend très clairement du dosage. À des concentrations de 60 à 70 % vol., le patient n’est plus réactif. Les propriétés analgésiques dose-dépendantes du protoxyde d’azote apparaissent avec des concentrations de fin d’expiration de 20 % vol. environ.

Des éléments clairs indiquent que le protoxyde d’azote a un impact direct ou indirect sur divers systèmes neurotransmetteurs du cerveau et de la moelle épinière. Un des principaux mécanismes d’action pourrait être l’interaction avec les systèmes des récepteurs opioïdes endogènes du système nerveux central. De plus, des faits précis étayent la théorie selon laquelle le protoxyde d’azote favorise la libération de norépinéphrine au niveau de la corne dorsale de la moelle épinière et que certains de ses effets antinociceptifs résultent de l’inhibition spinale. Ainsi, bien que le mécanisme d’action du protoxyde d’azote ne soit pas encore totalement connu, des éléments de plus en plus clairs mettent en avant une interaction avec une multitude de neurotransmetteurs.

Pharmacocinétique

Le protoxyde d’azote est rapidement résorbé par les poumons. En raison de sa grande diffusion et de sa faible solubilité, la concentration alvéolaire est proche de la concentration inhalée en moins de 5 minutes.

La distribution du protoxyde d’azote s’effectue uniquement sous forme dissoute dans le sang. Dans les tissus très irrigués, notamment le cerveau, la concentration est proche de la concentration inhalée en moins de 5 minutes.

Le protoxyde d’azote ne subit aucun métabolisme et est éliminé par voie pulmonaire en l’espace de quelques minutes chez les patients ventilés normalement.

Données précliniques

Des résultats positifs et négatifs ont été obtenus lors des tests in vitro de toxicologie génétique réalisés sur le protoxyde d’azote. Les études in vivo sur l’animal ont, quant à elles, abouti à des résultats négatifs. On peut par conséquent supposer que les résultats in vitro ne sont pas pertinents en situation in vivo et que le protoxyde d’azote ne présente pas de potentiel génotoxique important dans le cadre d’une pratique clinique normale.

Une étude de 78 semaines réalisée sur des souris en vue de déterminer la cancérogénicité du protoxyde d’azote a abouti à des résultats négatifs.

Lors d’une étude menée sur des rats, l’administration combinée de protoxyde d’azote et de kétamine pendant 3 heures a entraîné une neurotoxicité (confirmée histologiquement) nettement plus élevée que lors de l’administration distincte de chaque substance.

Dans une étude sur la fertilité réalisée sur des rats mâles, tous les animaux soumis à une fumigation au protoxyde d’azote (20 %) ont montré des troubles réversibles de la spermatogénèse au bout de 14 jours.

Remarques particulières

Incompatibilités

Aucune connue.

Remarques particulières concernant le stockage

Conserver dans le récipient d’origine. Maintenir le récipient bien fermé. Protéger de la lumière du soleil et de la chaleur. Stocker dans un local bien ventilé et à une température inférieure à 30 °C. Tout dégagement involontaire de protoxyde d’azote survenant dans une pièce fermée augmente le risque d’incendie. Il est interdit de fumer ou de faire du feu. Toute source d’ignition potentielle doit être éliminée. Le protoxyde d’azote est plus lourd que l’air. À forte concentration, il existe un risque d’asphyxie.

Éviter que le récipient sous pression ne tombe. Ne pas stocker dans les cages d’escalier, couloirs, passages, salles de détente ou locaux où le gaz est utilisé.

Stabilité

Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur le récipient.

Remarques concernant la manipulation

Pour éviter tout incident, il convient de respecter impérativement les instructions suivantes:

• Toujours conserver les bouteilles en position verticale pour éviter tout risque de projection de liquide et donc de brûlures graves (par le froid). Rincer abondamment à l’eau en cas de brûlure.

Attention: la pression du gaz dans les bouteilles reste constante (44 bars à 15 °C) quel que soit le niveau de liquide restant et n’est pas le reflet de la quantité restante. C’est seulement lorsque la bouteille ne contient plus que du gaz que la pression chute rapidement. Seul le poids de la bouteille permet d’estimer son contenu en cours d’utilisation.

• Vérifier le bon état du matériel avant utilisation.

• Ne pas manipuler de bouteille dont la valve n’est pas protégée par un capuchon ou une enveloppe de protection.

• Manipuler le matériel avec des mains propres et exemptes de graisse.

• Porter des chaussures de sécurité et des gants de manutention propres lors de la manipulation des bouteilles de 50 l et plus.

• Transporter les bouteilles les plus volumineuses avec un chariot adapté. Il convient de veiller tout particulièrement à ce qu’aucun appareil raccordé ne se détache par inadvertance.

• Fixer les bouteilles avec un moyen approprié (chaînes, crochet,) afin de les maintenir en position verticale et d’éviter toute chute intempestive.

• Ne jamais introduire de force une bouteille dans un support où elle entre difficilement.

• Ne pas soulever la bouteille par sa valve.

• Utiliser un raccord spécifique de type G 3/8" droit conforme à la norme SN 219505-9.

• Utiliser un détendeur avec débitmètre admettant une pression au moins égale à 1,5 fois la pression maximale de service de la bouteille.

• Pour les cadres de bouteilles, utiliser uniquement des détendeurs gradués jusqu’à 315 bars au minimum.

• Utiliser des flexibles de raccordement aux prises murales munis d’embouts adaptés au protoxyde d’azote médicinal.

• Ne pas utiliser de raccord intermédiaire en vue de raccorder deux dispositifs qui ne s’emboîtent pas.

• Ouvrir progressivement la valve.

• Ne jamais forcer une valve, ni l’ouvrir jusqu’à la butée.

• Nettoyer le raccord de sortie de la bouteille avant de raccorder le détendeur pour éliminer les poussières éventuelles. Maintenir propres les interfaces entre la bouteille et le détendeur.

• Ne jamais procéder à plusieurs mises en pression successives du détendeur.

• Ne jamais se placer face à la valve, mais toujours du côté opposé au détendeur, derrière la bouteille et en retrait de celle-ci. Ne jamais exposer le patient au flux gazeux.

• Vérifier au préalable la compatibilité des matériaux en contact avec le protoxyde d’azote médicinal. Pour le détendeur notamment, utiliser des joints d’étanchéité prévus pour ce gaz.

• Vérifier l’état des joints.

• Ne pas fumer.

• Ne pas approcher de flamme.

• Ne pas graisser.

• À noter:

a) Ne jamais introduire ce gaz dans un appareil susceptible de contenir des matières inflammables, notamment des corps gras.

b) Ne jamais nettoyer les produits contenant ce gaz, les valves, les raccords, les tuyaux avec des produits inflammables ou des corps gras.

• Ne pas enduire le visage du patient de corps gras (vaseline, pommades,…).

• Ne pas utiliser de générateurs d’aérosols (peinture, déodorant,…) ou de solvants (alcool, essence) sur le matériel ou à proximité.

• Fermer la valve de la bouteille après usage, faire chuter la pression du détendeur en laissant le débitmètre ouvert, fermer le débitmètre et desserrer ensuite la vis de réglage du détendeur (inutile pour les détendeurs intégrés).

• Ne pas tenter de réparer une valve défectueuse.

• Ne pas transvaser de gaz sous pression d’une bouteille à une autre.

• Ne pas serrer à la pince le détendeur/débitmètre sous peine de détériorer le joint.

• En cas de fuite de gaz, fermer la valve présentant un défaut d’étanchéité. Bien ventiler le local et évacuer le gaz. Ne jamais utiliser une bouteille présentant un défaut d’étanchéité et vérifier la mise en place des mesures d’urgence.

• En cas d’ouverture de la valve à très fort débit avec formation de givre sur le manodétendeur, ne pas utiliser la bouteille et la rapporter au point de vente.

• Lorsque la température ambiante est basse ou en cas d’usage intensif entraînant le refroidissement de la bouteille, le débit peut diminuer, voire s’interrompre en raison d’une pression insuffisante dans la bouteille.

• Ne pas utiliser les bouteilles de protoxyde d’azote médicinal à une température inférieure à 0 °C pour éviter toute chute de pression en cas d’usage intensif.

• La valve de la bouteille doit demeurer fermée tant que cette dernière contient encore un peu de gaz (env. 2 bars). Cette petite pression résiduelle doit impérativement être maintenue dans la bouteille pour la préserver des impuretés ou éviter une corrosion due à l’humidité.

• Ne jamais utiliser le protoxyde d’azote pour des essais d’étanchéité, l’alimentation d’installations pneumatiques ou le soufflage de tuyauteries.

• La valeur limite de moyenne d’exposition au protoxyde d’azote admise pour le personnel a été fixée à 100 ppm (pour une durée de 8 heures/jour).

• Effectuer une ventilation systématique du lieu d’utilisation. Évacuer les gaz expirés et éviter les lieux où ils peuvent s’accumuler. Avant toute utilisation, il convient de s’assurer de la possibilité d’évacuer les gaz en cas d’accident ou de fuite intempestive.

Numéro d’autorisation

56417 (Swissmedic)


Présentation

Bouteille de gaz sous pression Volume:

    3,5

litres contient

    1,41

m3 de gaz [1 bar à 15 °C]

B

Bouteille de gaz sous pression Volume:

  10

litres contient

    4,06

m3 de gaz [1 bar à 15 °C]

B

Bouteille de gaz sous pression Volume:

  40

litres contient

  16,26

m3 de gaz [1 bar à 15 °C]

B

Cadre de bouteilles Volume:

600

litres contient

243,9

m3 de gaz [1 bar à 15 °C]

B

Titulaire de l’autorisation

PanGas AG

Industriepark 10

6252 Dagmersellen

Mise à jour de l’information

Juillet 2019